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Crise financière de 2007-2010 - Wikipédia

Crise financière de 2007-2010

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Crise de 2007-2010
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HISTORIQUE DE LA CRISE
Bulle immobilière américaine des années 2000
Crise financière de 2007-2010
Crise économique de 2008-2010
PLANS DE SAUVETAGE ET DE RELANCE
Plan Paulson
Plan de sauvetage bancaire du Royaume-Uni en 2008
Plan de relance économique du Japon de 2008-2009
Plan de relance économique de la France de 2008-2009
Plan de relance économique des États-Unis de 2009
Plan de relance économique du Canada de 2009
SOMMETS
G20 de Washington du 15 novembre 2008
G20 de Londres du 2 avril 2009
G20 de Pittsburgh de septembre 2009
G20 de Toronto de juin 2010

La crise financière initiée en 2007 et encore en cours en 2010 est une crise financière marquée par une crise de liquidité interbancaire et une raréfaction du crédit. Amorcée en juillet 2007, elle trouve son origine dans le dégonflement de bulles de prix (dont la bulle immobilière américaine des années 2000) et les pertes importantes des établissements financiers provoquées par la crise des subprimes.

Accentuée en septembre 2008 par une chute des cours des marchés boursiers et la faillite de plusieurs établissements financiers, elle provoque un début de crise systémique et une récession touchant l'ensemble de la planète. Les finances publiques ont été lourdement sollicitées pour résoudre cette crise. Le déficit public s'est creusé dans de nombreux pays, après un recul du produit intérieur brut mondial de 2,2% en 20091.

Les États-Unis, sous la pression de l'opinion publique et d'experts tels Paul Volcker, envisagent une réforme structurelle du secteur financier destinée à éviter qu'une crise du même type ne se reproduise. Parallèlement, dans certains pays comme la Chine, les prêts bancaires ont fortement progressé2. Aussi, début 2010, l'afflux de liquidités fait craindre l'éclatement de nouvelles bulles dans l'immobilier chinois, les bourses, les emprunts d'États et les métaux3.

Sommaire

modifier Chronologie

modifier Crise des subprimes

Article détaillé : crise des subprimes.

La crise des subprimes s'est déclenchée au deuxième semestre 2006 avec le krach des prêts immobiliers (hypothécaires) à risque aux États-Unis (les subprimes), que les emprunteurs, souvent de conditions modestes, n'étaient plus capables de rembourser. Révélée en février 2007 par l'annonce d'importantes provisions passées par la banque HSBC, elle s'est transformée en crise ouverte lorsque les adjudications périodiques n'ont pas trouvé preneurs en juillet 2007. Compte tenu des règles comptables en cours, il est devenu impossible de donner une valeur à ces titres qui ont dû être provisionnés à une valeur proche de zéro. En même temps, les détenteurs ne pouvaient plus liquider leur créance. La défiance s'est installée envers les créances titrisées (ABS, RMBS, CMBS, CDO) qui comprennent une part plus ou moins grande de crédits subprime, puis envers les fonds d'investissement, les OPCVM (dont les SICAV monétaires) et le système bancaire susceptibles de détenir ces dérivés de crédit.

modifier Crise financière de 2008

Article détaillé : crise financière de 2008.

La seconde phase de la crise financière commence au cours de la semaine du 14 septembre 2008 lorsque plusieurs établissements financiers américains entrent en cessation de paiement, et sont soit sauvés in extremis par la Réserve fédérale américaine (Fed) (la compagnie d'assurance AIG par exemple), soit rachetés par des concurrents en meilleure situation, soit mis en liquidation (Lehman Brothers). La crise touche tous les pays du monde, en particulier en Europe où plusieurs institutions financières connaissent de très graves difficultés et sont sauvées par l'intervention des États et des banques centrales (Banque centrale européenne dans la zone euro). Certains marquent le début de la crise par la nationalisation de Freddie Mac et Fannie Mae le 6 septembre 2008.

modifier L'origine de la crise financière

modifier Les raisons conjoncturelles

La crise financière qui débute en 2007 tient principalement son origine de la politique monétaire trop accommodante de la Réserve fédérale américaine (la Fed) au cours des années 2000 sous le mandat d'Alan Greenspan4,5,6 et d'innovations financières mal maîtrisées. Parmi les responsables politiques ayant favorisé directement les conditions de cette crise par des mesures économiques et sociales, le Guardian cite Bill ClintonNote 1, George W. Bush, Gordon Brown, ainsi que, dans le domaine de la finance, les pdg anciens et actuels de la compagnie d'assurance American International Group, des banques Goldman Sachs, Lehman Brothers, Merrill Lynch, Halifax-Bank of Scotland, Royal Bank of Scotland, Bradford & Bingley, Northern Rock, Bear Stearns, Bank of England et des personnalités telles que le financier George Soros, le milliardaire Warren Buffett et le président d’un fonds d’investissement US John Paulson7.

Lors de la récession qui a suivi l'éclatement de la bulle Internet en 2000-2001, la Fed a abaissé son taux directeur jusqu'à 1 %, puis l'a maintenu à un niveau trop bas, provoquant une création monétaire trop forte et un gonflement de bulles sur les marchés immobiliers (bulle immobilière américaine des années 2000) et sur les matières premières. De plus, le gouvernement américain a mis en place une politique d'accession à la propriété qui a encouragé les banques à faire des prêts à des ménages en réalité non solvables, en particulier par le Community Reinvestment Act[réf. nécessaire]. Les organismes semi-étatiques Freddie Mac et Fannie Mae ont été incités à fortement abaisser leurs critères de sélections aux prêts hypothécaires.[réf. nécessaire]

En 2006, la Fed, au début du mandat de Ben Bernanke, a augmenté son taux directeur de 1% à 5% afin de réduire les pressions inflationnistes grandissantes. Cette hausse du taux directeur a provoqué un dégonflement de la bulle immobilière américaine des années 2000, et a entraîné un renchérissement des mensualités de remboursement des crédits immobiliers (les crédits étant souvent à taux variables). Beaucoup[Combien ?] de ménages ont cessé de rembourser leur crédit et ont quitté leur bien immobilier, saisi puis mis en vente par les établissements de crédit, entraînant une augmentation de l'offre sur le marché immobilier, et faisant donc davantage baisser les prix. Du fait de la baisse des prix, les établissements ne récupèrent que partiellement la somme prêtée. Les effets du dégonflement d'une bulle immobilière se limitent généralement à des faillites personnelles et à des pertes réduites pour les établissements financiers. La crise de 2007-2008 est différente car les établissements de crédit immobilier n'ont pas conservé les créances immobilières dans leurs bilans, mais les ont regroupé dans des véhicules de placement, des fonds hypothécaires, pour les revendre entre autres à des fonds de pension et à des grandes banques américaines. Les fonds hypothécaires perdant de la valeur avec la fin de la bulle immobilière, et, surtout, la complexité et l'enchevêtrement des véhicules de placement rendant très difficile l'estimation de leur valeur, le bilan des établissements financiers a été aggravé, qui du fait des normes comptables de mark-to-market, ont dû fortement provisionner des dépréciations d'actifs. Ceci a provoqué un effet de contagion et une perte de confiance généralisée entre établissements financiers, ce qui a asséché le marché interbancaire (crise de liquidité). Les institutions financières, en particulier les banques d'investissement, ont été fragilisées.

modifier Les raisons structurelles

D'une part, les années antérieurs à la crise ont vu se multiplier des innovations financières qui ont débouché sur un marché de « 680 000 milliards de dollars »8 peu ou pas régulé appelé aussi « shadow market ». Ces innovations financières visaient à réduire les risques et ont pris notamment la forme de « produits dérivés » dont deux types ont été au cœur de la crise financière : « les produits liés à des crédits immobiliers et les produits destinés à assurer contre leur risque de défaut les credit default swaps 8. »

Par ailleurs, la montée des profits et la baisse du poids des salaires ont provoqué un « désajustement entre l'offre et la demande »9. En particulier aux États-Unis, les prêts « subprimes » ont incité une partie de la population à consommer au-dessus de ses moyens, ce qui permettait en retour d'assurer la rentabilité du secteur immobilier. Les inégalités de revenus sont devenues très fortes: « l'écart de rémunération entre un PDG et un salarié aux États-Unis de 1 à 40 en 1980, est passé de 1 à 411 en 2005 »10, la création de richesse ayant été captée pour l'essentiel par une petite partie de la population, au détriment de l'efficacité économique 11.

modifier Crise du secteur financier

modifier Crise de liquidité bancaire

Les incertitudes sur les engagements directs et indirects des établissements financiers en matière de crédit à risque, mais aussi la crainte d'un ralentissement général des activités de banque de financement et d'investissement, très rentables et moteurs de la croissance au cours des années précédentes, ont fini par entraîner une véritable crise de confiance, ayant connu peu de précédent, entre banques. Celles-ci ont vu se tarir leurs principales sources de refinancement, le marché interbancaire et l'émission d'ABCP ((en) asset-backed commercial paper)12,13.

Sur le marché interbancaire, sur lequel les banques en situation d'excédent de capitaux prêtent à celles qui en manquent, la défiance entre banques elle-même a conduit à une envolée du taux interbancaire14.

Par ailleurs, les banques avaient mis en place au cours des années précédentes des structures de financement, appelées conduits ou SIV ((en) structured investment vehicles) qui émettaient du papier commercial à court terme à taux faible ((en) asset-backed commercial paper) vendu à des investisseurs. Les fonds levés étaient ensuite prêtés à long terme à des taux plus élevés, ce qui permettait de dégager une marge d'intérêt. Seulement, ces emprunts à court terme devaient être renouvelés régulièrement (tous les trois mois). Or, une fois la crise de confiance envers les banques engagée, les investisseurs ont cessé de financer les ABCP, obligeant les banques à les financer elles-mêmes.

La crise de liquidité bancaire a conduit les banques centrales, Banque centrale européenne (BCE) et Réserve fédérale des États-Unis (Fed) en premier lieu, à procéder à de massives injections de liquidité sur le marché interbancaire afin de permettre aux établissements de refinancer leur activité et d'éviter le déclenchement d'une crise systémique (crise de tout le système). La première intervention a eu lieu le 9 août 2007, lorsque la BCE a injecté 94,8 milliards d'euros dans le système financier européen pour accroître les liquidités qui manquaient au marché. Il s'agit de la plus grande mise à disposition de fonds faite en un seul jour par la BCE, dépassant le prêt de 69,3 milliards d'euros fait après les attentats du 11 septembre 2001. Le même jour, la Fed injecte 24 milliards de dollars US dans le système financier de son pays.

Les banques se financent traditionnellement en empruntant sur le marché monétaire interbancaire à des échéances de trois mois. Le taux d'intérêt auquel elles empruntent (en Europe continentale, il s'agit de l'Euribor à 3 mois) est habituellement supérieur de 15 à 20 points de base (0,15 à 0,20 % en langage courant) au taux directeur de la banque centrale qui est considéré comme le taux sans risque15. La différence entre le taux auquel les banques empruntent et le taux directeur est appelée prime de risque (ou spread en anglais) et est calculée par l' indice TED (en) pour le cas américain. À partir de la crise de confiance du mois d'août 2007, le taux Euribor s'est envolé, atteignant 4,95 % en décembre 2007 alors que le taux directeur était de 4 % (2007) et qu'en temps normal, elles auraient emprunté à 4,20 %. En octobre 2008, l'indice TED a même atteint le niveau historique de 4 % de différence alors qu'il avait été de 0.5 % en moyenne de 2004 à 200716

La forte hausse, à partir du mois d'août 2007, des taux à court terme auxquels se refinancent les banques constitue un vrai risque pour leur équilibre financier : « L'envolée des taux du marché du refinancement bancaire (Eonia et Euribor), devenus supérieurs aux taux des prêts sans risque à long terme, [constitue] une situation intenable pour les établissements financiers », écrit le 15 septembre le journal spécialisé Investir17. En effet, certaines banques en arrivent à emprunter à des taux élevés pour refinancer des crédits qu'elles ont accordés précédemment à des taux moindres.

La crise de liquidité est renforcée par l'asymétrie d'information entre banques, qui sont donc réticentes à se prêter entre elles18.

modifier Conséquences sur les comptes des banques

Les banques australienne Macquarie, américaine Bear Stearns, britannique HSBC et allemande IKB ont été parmi les premières touchées. Bear Stearns, notamment, possédait des fonds spéculatifs qui avaient misé sur une remontée du secteur immobilier pour le recouvrement de fonds prêtés par des banques. La banque a été affaiblie dès le début par la faillite de deux de ses hedge funds.

Une panique bancaire, limitée à la banque britannique Northern Rock, a eu lieu en septembre 2007. En 3 jours, les clients de la banque ont retiré 12 % des montants déposés19.

Les grandes banques mondiales ont annoncé des résultats des troisième et quatrième trimestres 2007 en forte baisse à la suite de la crise à cause à la fois :

Les grandes banques d'affaires américaines et européennes ont enregistré d'importantes dépréciations d'actifs au troisième trimestre 200720 :

D'autres importantes dépréciations d'actifs ont été passées au titre du quatrième trimestre 2007 et du premier trimestre 2008.

Les grandes banques françaises cotées en Bourse ont affiché pour leur part des dépréciations d'actifs limitées au troisième trimestre 200722 mais plus fortes au quatrième :

Le coût effectif de la crise pour les banques (dépréciations d'actifs au titre de la juste valeur comptable et provisions pour risques liés à la crise) est évalué à27 :

Les estimations du coût global de la crise sur les banques (pertes et dépréciations d'actifs) ont été en permanence revues à la hausse au cours de la crise :

modifier Les difficultés et faillites d'établissements financiers

Aux États-Unis 
En Europe 

modifier Conséquences sur les marchés financiers internationaux

Niveau moyen du Dow Jones Industrial, entre janvier 2006 et novembre 200843.

Les marchés financiers, qui avaient subi une première crise de confiance en février-mars 2007, avant de se reprendre au début de l'été, atteignent leur plus haut niveau annuel à la mi-juillet. Ils chutent à partir du 18 juillet (annonce de l'effondrement de deux hedge funds de Bear Stearns), un mouvement accentué le 9 août avec l'annonce du gel des trois fonds monétaires dynamiques de BNP Paribas Investment Partners, filiale de BNP Paribas44. En août 2007, Oddo Asset Management gèle plusieurs fonds d'investissement de son réseau45,46 et en février 2008, AXA Investment Managers suspend 3 fonds d'investissement de son réseau47.

La chute des cours s'accentue avec la crise financière de l'automne 2008. La semaine du 6 au 10 octobre 2008 restera dans les annales comme une des pires semaines que les bourses mondiales aient connus. Le CAC 40 a en effet perdu pas loin de 1000 points, soit environ 20%.

Entre le 1er janvier 2008 et le 24 octobre 2008, le CAC 40 baisse de 43,11%, le Dax (Allemagne) de 46.75%, le FTSE 100 (Royaume-Uni) de 39,86%, le Nikkei (Japon) de 50.03% et le Dow Jones (États-Unis) de 36,83%48.

La crise a des effets sur d'autres marchés, comme celui des matières premières. Selon l'analyste John Kilduff, « c'est un effet de contagion : ce qui se passe sur les marchés des bourses et des capitaux a causé un assèchement des liquidités, obligeant plusieurs acteurs comme les hedge funds à quitter le marché de l'énergie et à liquider leurs positions49. »

modifier Le renforcement de la crise à l'automne 2008

Article détaillé : Crise financière de 2008.

Entre septembre et octobre 2008, la crise financière s'accroît fortement, avec en particulier la faillite de Lehman Brothers. Les marchés boursiers baissent fortement.

modifier Sauvetage du secteur financier et nouvelle régulation

modifier Débat sur les plans de sauvetage d'urgence du secteur financier

La menace de faillite du système bancaire, qui finance l'économie, a poussé les pouvoirs publics des différents pays à intervenir à travers trois principales méthodes :

Ces actions ont été interprétées comme le renforcement de l'action des États dans le système financier après trente années de recul du rôle de l'État. Certaines interprétations ont salué la fin du libéralisme51 voire, comme lors de la crise boursière de 1987, la faillite du capitalisme. D'autres interprétations voient un retour vers le keynésianisme52.

Les critiques du libéralisme économique dans le cadre de la crise s'appuient notamment sur :

Les partisans du libéralisme économique, tout en reconnaissant l'utilité du rôle de l'État en dernier ressort en cas de crise systématique, réfutent cette analyse.

Ils affirment d'abord que la crise n'a pas été provoquée par un excès de libéralisme mais en fait par des distorsions du libre marché provoquées par l'État, notamment la politique monétaire expansionniste menée par le président de la Fed Alan Greenspan pendant les années 2002-2006, à l'origine de la bulle d'endettement, et l'obligation de prêter aux ménages les plus pauvres imposée par l'État américain aux banques, cause de l'octroi des crédits subprimes. Ainsi, selon l'économiste Florin Aftalion:

«  Sous l'influence de la loi dite Community Reinvestment Act, les banques ont eu à choisir entre renoncer à leur développement ou effectuer des prêts très risqués aux communautés désavantagées53. »

De même, Aftalion estime que la titrisation de ces créances en MBS a été réalisée « avec les encouragements du Congrès ».

Deuxième point, selon les libéraux, le système financier international ne respectait plus les véritables principes du libéralisme. L'éditorialiste français Nicolas Baverez juge ainsi :

«  Le capitalisme (…) est un mode de production fondé sur l'esprit d'entreprise et la rémunération du risque. Dans sa forme mondialisée dont la finance était la pointe avancée, il s'est écarté de ces principes en déconnectant les profits et les rémunérations des performances et des risques réels54. »

Enfin, les libéraux plaident pour une intervention courte de l'État, qui laisserait jouer les forces du marché dès que cela serait de nouveau possible.

Certains économistes, même keynésiens, s'inquiètent d'une action trop forte des États. Ainsi, l'économiste français Alain Lipietz, de l'école de la régulation, explique : « le risque face au ralentissement, c'est la relance à tout-va 52. » De même, l'économiste français Michel Aglietta déclare également : « je redoute qu'on y aille à la massue en matière de régulation52. » Selon Le Monde, « les interventionnistes s'effraient surtout qu'on endosse comme keynésienne l'idée honnie de privatiser les profits et de socialiser les pertes52. »


modifier Test de résistances et nouvelle régulation

Début mai, les résultats des tests de résistance à la crise destinés à faire le point sur l'état des banques américaines et sur leur capacité à faire face à la conjoncture55 a montré qu'elles avaient besoin de 74, 6 milliards de dollars. Cela a plutôt réconforté les marchés et les banques se sentent capables en général56 de lever ses fonds sans passer par le gouvernement américain (elles continuent malgré tout de bénéficier de taux de refinancement très bas de la part de la Fed). Des observateurs s'inquiètent de l'attitude des banquiers qui semblent vouloir en revenir à des pratiques d'avant la crise57. Tout cela pousse le secrétaire du Trésor Timothy Geithner à vouloir réguler le marché des produits dérivés « alors que la mémoire des dommages est encore aiguë »8.

Le président Barack Obama signe le 20 mai 2009 le Helping Families Save Their Homes Act of 2009 (en) et le Fraud Enforcement and Recovery Act of 2009 (en), qui établit notamment une commission d'enquête, la Financial Crisis Inquiry Commission (en) dirigée par Phil Angelides (en) et chargée d'enquêter sur les causes et responsabilités de la crise. La Commission est dotée d'un budget de 8 millions de dollars 58. En juin 2009, l'administration Obama nomme un superviseur chargé de contrôler les rémunérations des dirigeants de banques ayant reçu deux fois des fonds publics59. Par ailleurs il est envisagé que les régulateurs puissent faire changer les systèmes de rémunération si ceux-ci sont susceptibles d'engendrer des incitations dangereuses pour la stabilité des établissements financiers59

En Europe, le gouverneur de la Banque de France, Christian Noyer, voudrait que les banques européennes soient également soumises à des tests de résistance 60. En effet, il contestait les chiffres du FMI qui évaluaient les besoins de fonds des banques européennes à 600 milliards de dollars. De tels tests permettraient aux banques centrales européennes d'y voir plus clairs. Début juin 2009, huit économistes français et allemands, Peter Bofinger, Christian de Boissieu, Daniel Cohen, Jean Pisani-Ferry, Wolfgang Franz, Christoph Schmidt, Béatrice Weder di Mauro, Wolfgang Wiegard, réclament de vrais « stress tests » européens car ils estiment qu'il est urgent de connaitre« le véritable état de santé du système bancaire européen »61.

Par ailleurs, une supervision financière à l'échelon européen est à l'étude par la Commission européenne qui s'appuie en cette circonstance sur le rapport de Jacques de Larosière. Toutefois le Royaume-Uni semble très réticent à l'idée de « se faire dicter en dernier ressort sa conduite par une autorité européenne »62

modifier Conséquences sur les autres secteurs économiques

Article détaillé : Crise économique de 2008-2010.

La crise financière affecte l'activité économique par le biais notamment de la baisse du moral des ménages et des chefs d'entreprises, des difficultés rencontrées par les banques, du resserrement des conditions de crédits (hausse des taux d'intérêt, sélection plus forte des emprunteurs). Ces facteurs pèsent sur la consommation des ménages et sur l'investissement des entreprises, provoquant une forte réduction de la croissance. Cette crise économique de 2008, à laquelle d'autres facteurs ont contribué, se traduit par une récession aux États-Unis à partir de décembre 2007.

Pour réduire ces conséquences négatives, la réserve fédérale des États-Unis a baissé progressivement ses taux directeurs. Le mardi 18 septembre 2007 elle baisse d'un demi-point son taux directeur principal, ramené de 5,25 % à 4,75 %63. C'est la plus forte baisse depuis novembre 2002, lors de la crise de confiance de l'affaire Enron64.

Des plans de relance de l'économie ont été engagés en novembre et décembre 2008. Au Chili et en Argentine, les gouvernements respectifs de Michelle Bachelet et de Cristina Kirchner ont été conduits à réformer le système de retraites, auparavant basé sur les fonds de pension, lourdement touchés par la crise 42.

Dans la zone euro, l'Irlande, le Royaume-Uni, l'Italie, l'Espagne (qui a supporté un temps en Europe la moitié des licenciements dus à la crise), puis l'Allemagne sont entrés en récession65. Les États-Unis sont entrés en récession en décembre 2007, avec une aggravation très nette en octobre 2008. La France est entrée en récession le 15 mai 200866.

modifier La situation en 2010

modifier Les risques de nouvelles bulles

Les liquidités injectées par les banques centrales pour pallier la crise ont été transmises en partie à l'économie réelle, mais aussi vers la spéculation. Ainsi, des bulles67 menacent d'éclater sur les bourses, les emprunts d'États, le sucre etc.

Toutefois, les experts sont divisés. Par exemple, alors que le FMI pense que la Chine est menacée par la surabondance du crédit, la Banque mondiale pense l'inverse67.

modifier Bonus et rente bancaire

Pour Jean-Marc Vittori, plusieurs signes (« des salariés mieux payés qu'ailleurs, de la secrétaire au directeur général; des bonus extravagants; des profits au-dessus de la moyenne »)68 montrent l'existence des rentes (c'est-à-dire de profits au-dessus de la moyenne liés à des dysfonctionnents du marché) dans le secteur bancaire et financier. Si en septembre 2009, ce journaliste s'interrogeait sur la provenance des rentes, des études récentes commencent à apporter certains éléments de réponse.

Dans une étude de récente du FMI[3], des économistes ont soulignés que ce sont les institutions financières qui avaient le plus investi en lobbying entre 2000 et 2006 qui avaient émis le plus de prêts risqués. Par ailleurs, selon Hélène Rey les institutions financières ont investis 126 millions de dollar durant les neuf premiers mois de 2009 « pour façonner une réglementation du système financier qui préserve leurs rentes »69

Lorsqu'il y a une rente, deux grandes alternatives opposées sont possibles. Soit on peut chercher à la supprimer en modifiant la législation, c'est plutôt la position de Paul Volcker, soit l'Etat ou les institutions internationales peuvent tenter de s'en approprier une partie par le biais de taxes, c'est plutôt la position de Lord Turner, le président de la financial Service Authority de Londres70.

modifier Le début d'une réforme du système financier aux États-Unis

Le 21 janvier 2010, Barack Obama et son conseiller Paul Volcker proposent des mesures visant d'une certaine façon à actualiser le Glass-Steagall Act de 1933, abrogé en 1999. Rappelons que cette loi avait été émise après la crise de 1929 de façon à éviter que les banques de dépôts ne jouent sur les marchés avec l'argent des déposants. Aussi, banques d'affaires et de dépôts devaient-elles être bien séparées. Outre ce point, de nos jours, le « too big to fail » pose également problème. Par là on décrit le fait que les grandes banques sachant que de toute façon les gouvernements les sauveront car leurs faillites emporteraient le système financier mondial peuvent être tentées de prendre trop risques. Enfin, aux États-Unis, l'opinion publique est « exaspérée par les bonus de Wall Street et leurs profits gigantesques »71 alors même qu'il a fallu les sauver durant la crise financière de 2008. Aussi, la réforme envisagée comporte trois volets72 :

Martin Wolf tout en approuvant la volonté de Paul Volcker de «développer un système financier qui serve à soutenir l'économie réelle plutôt qu'à réaliser d'énormes profits dans des activités fortement susceptibles de le déstabiliser» trouve ces solutions à la fois inapplicables et pas adaptées à ce qui doit être fait73. Dani Rodrik74 professeur d'économie à l'université Harvard s'oppose à la critique de Martin Wolf estimant que cette réglementation serait inapplicable en dehors des États-Unis. Pour cet universitaire :

modifier Notes et références

  1. Remplacement du Glass-Steagall Act par le Gramm-Leach-Bliley Act Financial Services Modernization Act de 1999
  1. (fr) La Banque mondiale prédit une «reprise précaire» en 2010, Libération 21 janvier 2010
  2. Alain Faujas, «Les bulles spéculatives menacent à nouveau» Le Monde du 22/01/2010.
  3. Alain Faujas, «Les bulles spéculatives menacent à nouveau» Le Monde du 22/01/2010.
  4. « La crise va durer dix ans », Roland Leuschel, octobre 2008, Le Soir
  5. (en) Manipulating the Interest Rate: a Recipe for Disaster, Thorsten Polleit, Ludwig von Mises Institute, 12/13/2007
  6. The Austrian School and the Meltdown, Ron Paul, 26 septembre 2008
  7. Julia Finch, article du Guardian du 26 janvier Lundi 2009.
  8. a, b et c Virginie Robert, « Les produits dérivés, première étape de la réforme des services financiers », Les Échos, 15-16 mai 2009
  9. Jean-Marc Vittori, « Une autre lecture de la crise », Les Échos, 28 mai 2009
  10. Maguy Day, « Les inégalités s'accroissent aux États-Unis », Le Monde, 1er septembre 2006
  11. Voir Thomas Piketty, « Il faut taxer fortement les très hauts revenus », Alternatives économiques n°276, janvier 2009, et Jean-Marc Vittori, art.cit.
  12. Selon Standard & Poor's, les 15 premiers apporteurs de liquidités du marché américain des ABCP seraient exposés à hauteur de 810 milliards USD, voir La Tribune, 4/09/2007, p. 20
  13. Les papiers commerciaux au cœur de la crise monétaire, Les Échos, 12/09/2007.
  14. « La crise du marché monétaire fait plonger les actions », Les Échos, 6/09/25007, page 31
  15. La Tribune, mercredi 19 décembre 2007, page 17
  16. Chiffres tirés des données de Blomberg : http://www.bloomberg.com/apps/cbuilder?ticker1=.TEDSP%3AIND
  17. Le secteur bancaire reste très fragile, Sylvain de Boissieu, in Investir n°1758, 15/09/2007.
  18. (en) « Subprime crisis: Second-best solutions », Charles Wyplosz, 20 septembre 2007
  19. « Northern Rock aux pieds d'argiles », Le Journal du dimanche, 18 septembre 2007
  20. « Le marché craint un nouvel impact de la crise sur les banques » in La Tribune 12 octobre 2007, page 24 et « Le marché craint une aggravation des dégâts liés au subprime », in La Tribune, 13 novembre 2007, page 19.
  21. a et b « Deux géants bancaires pris au piège du subprime », Les Échos, 2 octobre 2007
  22. « Les banques trébuchent après publication », Sylvain de Boissieu, in Investir du 17 novembre 2007, page 2
  23. Conférence de presse des résultats annuels 2007 de BNP Paribas, mercredi 19 février 2008
  24. Conference call exceptionnelle analystes financiers, 20 décembre 2007 après clôture de la Bourse
  25. Slideshow des résultats annuels 2007, page 37, 21 février 2008
  26. Dépêche Reuters en anglais, jeudi 21 février 2008 15:56:53, qui ajoute 276 millions dans la gestion d'actifs et 49 millions pour des activités de siège
  27. « Un an de crise des subprimes a créé une nouvelle donne financière mondiale », Sylvain de Boissieu, in Investir, 9 août 2008
  28. « Le marché craint une aggravation des dégâts liés au subprime », in La Tribune, 13 novembre 2007, page 19.
  29. « Subprime, l'addition pourrait approcher 400 milliards de dollars », in Les Échos, 13 novembre 2007, page 33.
  30. idem, La Tribune, 13 novembre 2007, page 19 et Les Échos, 13 novembre 2007, page 33
  31. idem, La Tribune, 13 novembre 2007, page 19 et idem Les Échos, 13 novembre 2007, page 33
  32. « L'OCDE chiffre les pertes liées à la crise des subprimes à 422 milliards de dollars », article paru dans le journal Le Monde, édition du 15 avril 2008 [1]
  33. « Le FMI chiffre à 945 milliards de dollars le coût de la crise financière », article paru dans le journal Les Échos, édition du 8 avril 2008 ]
  34. (en) [2]
  35. Governments Must Take Stronger Measures to Strengthen Banks
  36. FMI: la crise financière mondiale coûtera plus de 4.000 milliards de dollars
  37. Malgré le plan Paulson, les banques restent très menacées, in Investir, 13 septembre 2008, p.2
  38. Failed Bank List FDIC,
  39. Subprime: UBS et Crédit suisse touchés
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  41. a et b Dutch ING Receives 10 Billion Euros in State Aid, Deutsche Welle, 19 octobre 2008
  42. a, b et c Manuel Riesco, Séisme sur les retraites en Argentine et au Chili, Le Monde diplomatique, décembre 2008
  43. World-Crisis.net -- Global Financial Crisis - Dow Jones Industrial
  44. BNP Paribas IP gèle trois fonds
  45. Les fonds de trésorerie dynamique subissent les effets de la crise
  46. Reflexion » La fin du mythe des petites sociétés de gestion ?
  47. AXA IM suspend 2 fonds immobiliers britanniques
  48. Le Monde du 27/10/2008, p.10
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  50. La Société Générale lance à son tour une vaste augmentation de capital
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  52. a, b, c et d Benoît Hopquin, « La revanche de Keynes », Le Monde, p. 22, 2 octobre 2008
  53. Cité in La Tribune, mardi 14 octobre 2008, p. 29
  54. Nicolas Baverez, « Le libéralisme, remède à la crise », in Le Monde, mercredi 15 octobre 2008, page 30.
  55. http://www.latribune.fr/entreprises/banques-finance/banque/20090506trib000374081/stress-tests-dix-banques-vont-devoir-lever-746-milliards-de-dollars.html
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  57. Nicolas Madelaine, « Banques-Etat : divorce sous conditions », Les Échos, 3 juin 2009 ; Frédérick Lemaître, « La finance comme si de rien n'était », Le Monde, 4 mai 2009.
  58. Brady Dennis, In Capitol Hill hearing, bankers remain torn on their role in crisis, The Washington Post, 14 janvier 2010
  59. a et b Virginie Robert, « La Maison-Blanche s'attaque à la rémunération des banquiers », Les Échos, 19 juin 2009
  60. G.M, « Christian Noyer partisan des tests de résistance européens », Les Échos, 28 mai 2009
  61. Les Échos, 10 juin 2009
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  66. François Wenz-Dumas, La France entre en récession, Libération, 3 octobre 2008
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  68. Jean-Marc Vittori, "finance : d'où vient la rente ?" Les Echos du 8 septembre 2009
  69. Hélène Rey, "Le fabuleux lobbying de la finance américaine" Les Echos du 10 février 2010
  70. Marc Roche, "Un iconoclaste à la City", Le Monde du 8/12/2009
  71. Virginie Robert, « Réforme financière : Obama doit encore convaincre les élus », Le Monde du 25 janvier 2010
  72. Anne Michel, « Le secteur bancaire mondial sous le choc du plan Obama », Le Monde du 26 janvier 2010
  73. Martin Wolf, « Il n'y a pas que les banques », Le Monde du 2 février 2010
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