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Nachtjagd - Wikipédia

Nachtjagd

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Insigne général de la Nachtjagd
Bombardement nocturne de Hambourg par la RAF.

La Nachtjagd (de l'allemand, littéralement : « chasse de nuit ») est une branche de la Luftwaffe chargée plus spécifiquement de la chasse de nuit dans la défense du Reich notamment contre les bombardiers du Royal Air Force Bomber Command conduisant les attaques de bombardement stratégique durant la Seconde Guerre mondiale. Elle ne doit pas être assimilée ou confondue avec les Nachtschlachtgruppen, unités distinctes chargées du bombardement et harcèlement nocturne note 1.

Sommaire

modifier Historique

Le général d'aviation italien Giulio Douhet concepteur de la doctrine du bombardement stratégique dont les principes furent largement appliqués pendant la Deuxième Guerre mondiale.
Inspirée par les enseignements du Gén. Douhet, la RAF avait développé sa flotte de bombardiers à long rayon d'action dès les années 1930. Ici un Fairey Hendon, premier bombardier entièrement métallique mis en service en 1934 et qui servira jusqu'en janvier 1939.
Arado Ar 68 l'un des tout premiers appareils affectés à la Nachtjagd
Le Général Joseph Vuillemin de l'armée de l'air française en visite officielle en Allemagne avant la 2GM passe en revue des Me 109, quelques uns des chasseurs de ce type appartenant alors à la Nachtjagd embryonnaire.
Des bombardiers Wellington néo-zélandais en Angleterre en 1939.

À la veille du déclenchement du plan jaune, le ministre de la propagande Joseph Goebbels fit paraître dans la presse des photos d'avions Heinkel He 100 prétendument affectés à « des » unités de chasse diurne/nocturne allemandes non identifiées. Il s'agissait de désinformation : le Heinkel He 100note 2 était un prototype (détenteur d'un record de vitesse resté sans suite) construit à une douzaine d'exemplaires seulement. Ni l'Allemagne, ni ses adversaires, ne possédaient d'unités spécialisées dans la chasse du nuit au début de la Seconde Guerre mondiale.

En raison du caractère résolument offensif de la pensée militaire allemande et de la stratégie des autorités militaires, la défense aérienne, nocturne ou diurne, était loin d'être une priorité pour celles-ci. En janvier 1939, la Lufwaffe ne compte que sept Nachtjagdversuchsstaffeln (Staffeln expérimentaux de chasse de nuit) équipés d' Arados Ar 68 et de Messerschmitts Me/Bf 109. Ces unités étaient surnommées les Mondlichtstaffeln (litt. Staffeln du clair de Lune). En novembre de la même année, une poignée de ces Ar 68 sont utilisés pour des essais d'interception nocturne par le X(Nacht)/JG 53 Pik As à Heilbronn. En février 1940, une unité expérimentale de chasse de nuit, commandée par le Major Blumensaat, est créée à Jever sous la dénomination IV/JG 2.

Au printemps 1940, la chasse de nuit se réduit donc à quelques états-majors expérimentaux de grandes unités de chasse affectés essentiellement à la protection des ports du Nord-ouest de l'Allemagne (Lübeck, Brême, ..). Pour le reste du territoire du Reich, l'artillerie antiaérienne était sensée suffire. Le réseau radar se réduisait, quant à lui, à une douzaine de stations réparties de la Frise à la Forêt noire. C'est le raid de la RAF du 18 décembre 1940 qui révéla les lacunes du système de protection antiaérienne de l'Allemagne - et en particulier la vulnérabilité de son complexe militaro-industriel de Rhénanie et de la Ruhr.

Ce ne sera finalement que le 22 juin 1940 - en vue d'abord de la Bataille d'Angleterre qui se préparait - que Hermann Göring fait appel au capitaine Wolfgang Falck (ce qui, par une curieuse coïncidence, se traduit par fauconnote 3) pour mettre sur pied la première véritable escadre de chasse de nuit, la Nachtjagdgeschwader 1 (NJG 1)note 4. On peut à partir de cette date distinguer deux périodes dans l'histoire de la Nachtjagd : celle d'avant juillet 1943 (le raid massif et meurtrier sur Hambourg ) et celle de la fin de la guerre1.

modifier Printemps 1940 - juillet 1943

Le concept de bombardement stratégique nocturne avait déjà été amplement développé par l'aviation impériale pendant la Première Guerre mondiale (raids de Zeppelins sur Londres et bombardiers lourds Gotha). À titre préventif, elle avait aussi procédé à quelques expériences de chasse de nuit, chasse à vue appuyée par des projecteurs.

La Luftwaffe ressuscitée continue le processus au cours des années trente, sans toutefois pousser fort loin ses essais. Elle avait fait le choix de se doter d'une flotte de bombardiers à court et moyen rayon d'action. De son côté, le Bomber Command britannique, inspiré par l'enseignement de Giulio Douhet s'était déjà doté d'appareils à vocation de bombardiers continentaux stratégiques comme le Vickers Wellington.

Dans la nuit du 19 au 20 juillet 1940, Werner Streib enregistre la première victoire de la toute nouvelle Nachtjagd, en l'occurrence un Armstrong Whitley (serial VP5007 appartenant au 51(th)ƒ Squadron de la RAF) au-dessus d'Osnabrücknote 5. Cette même nuit, le Major Walter Ehle du II./NJG1 abat un Wellington. Le 8 octobre voit la première victoire d'un chasseur lourd, un bimoteur Dornier Do 17 Z-10 (surnommé Kauz I) du IV/NJG 1 envoyant au tapis un autre Wellington au-dessus du Zuyder Zee néerlandais.

Février 1941 voit la constitution du I/NJG 4 à partir de personnels du I/ZG 26 (Zerstörergeschwader, chasseurs lourds diurnes), avec Metz pour base. Dans la nuit du 11 avril, la Nachtjagd enregistre sa 100e victoire, quand l’Oberleutnant Prinz zur Lippe Weissenfeld du 4 Staffel/NJG1 abat le Wellington W5375 du 12(th) Squadron au-dessus de l' Ijsselmeer.

Pendant cette première phase de la guerre aérienne nocturne, en l'absence d'équipements de détection embarqués, la Luftwaffe utilise essentiellement ses radars terrestres et des projecteurs pour guider ses chasseurs de nuit. C'est l'époque de la Helle Nachtjagd (« chasse de nuit claire ») ou Henaja. Cette technique permet ainsi à l’Oberleutnant Kurt Martinek, pilote au 9. Staffel - III/NJG.4 alors basé à Florennes (Belgique), équipé de Me 110, d'abattre six bombardiers britanniques entre le 13 août et le 23 septembre 1942note 6.

modifier Le raid sur Hambourg et ses conséquences jusqu'à la capitulation du 8 mai 1945

Le bombardement de Nuremberg effectué dans la nuit du 30 au 31 mars 1944 vit la chasse de nuit et la Flack infliger les pertes les plus sévères du conflit aux bombardiers de la RAF.

modifier Chasse de nuit sur le front de l'Est : à la poursuite des "Sorcières de la nuit "

Junkers Ju 88 Nachtjäger sur le front Est.

La Dal'naya Aviatsiya (DA) ou aviation à long rayon d'action de l'armée de l'air soviétique, effectua des raids en profondeur sur les arrières de l'ennemi, en employant des bombardiers à long rayon d'action comme le Iliouchine Il-4.

modifier Effectifs, unités et bases

Le Zerstörer Me 110 fit montre de graves lacunes dans son rôle de chasseur lourd diurne pendant la Bataille d'Angleterre mais fut reconverti avec succès en un redoutable chasseur de nuit.

modifier Nombres d'avions en ligne

La proportion de la chasse de nuit dans l'ordre de bataille de la Luftwaffe a été croissantte le long du conflit2 :

modifier Unités3

Me/Bf 110 3C+AR du Staffelkapitän Oberleutnant Hans-Karl Kamp (7/NJG4)
Les Me/Bf 110 3C+AR et 3C+GR du Nachtjagdgeschwader 4

La liste et l'historique des unités de Nachtjagern est un sujet particulièrement ardu à traiter, les unités se créant par parthénogenèse d'unités existantes au fur et à mesure des besoins, des pertes, des réorganisations administratives et de l'évolution désastreuse de la situation militaire du Troisième Reich, certaines unités de chasse changeant par ailleurs de statut (diurne/nocturne et inversement).

Note : le 10/NJG11 (10ee Gruppe) débuta sa carrière sous le nom de Kommando Welter (du nom de son « patron ») comme unité d'évaluation de Me 262 dans le rôle de Nachtjäger.

modifier Commandement et pilotes

Article connexe : Liste d'as de l'aviation.
Le Major Heinz-Wolfgang Schnaufer, le grand as de la chasse de nuit avec 121 victoires nocturnes.
Funérailles officielles d'Helmut Lent
Le Major Hans-Joachim Jabs appartenait lui-aussi à la chasse de nuit
Note : La liste s'organise comme suit : nom - grade - victoires nocturnes/diurnes (total ) - unité - note biographique

Les pilotes ne totalisant pas quarante victoires n'ont pas été repris note 11.

modifier Appareils

Heinkel He 100, présenté par la propagande allemande comme chasseur de nuit avant la 2GM.
Nachtjäger Messerschmitt Me/Bf 110G4 vu ici après sa capture par les Britanniques qui l'ont affublé des insignes de la RAF
Le Heinkel He 219 fut la bête de guerre par excellence de la Nachtjagd.
Junkers Ju 88G de chasse de nuit après un atterrissage de fortune en France.

modifier Le radar embarqué, l'équipement et l'armement spécialisés

Le chasseur de nuit (en allemand, Nachtjäger au singulier, Nachtjagern au pluriel) est un appareil dont le rôle spécifique nécessite une technologie embarquée particulière. Ce type d'appareil naquit précisément pendant la Seconde Guerre mondiale grâce au développement du radar. Avant cela, la défense anti-aérienne nocturne n'était constituée que de canons anti-aériens, de projecteurs et de mesures passives de black-out.

Outre le radar, ce type d'appareil nécessite aussi un goniomètre indicateur de direction (en conjonction avec la balise installée sur sa base) pour permettre au pilote de retrouver celle-ci dans la nuit ; des moyens de télécommunication ; des feux de positions et un éclairage de cockpit particuliersnote 14. Le poids de cet équipement nécessite l'utilisation d'un bimoteur (chasseur lourd appelé Zerstörer — litt. destroyer — dans la Luftwaffe) pour permettre notamment l'installation frontale dans le nez (place occupée par le moteur sur un monomoteur) de l'équipement de détection, voire aussi d'une partie de l'armement. La Luftwaffe engagea cependant aussi des monomoteurs dans le rôle de Nachtjagern en les équipant simplement d'un indicateur directionnel et d'un phare d'atterrissage, le pilote repérant simplement sa cible à la lueur de fusées éclairantes, des projecteurs et des incendies au sol.

Radar embarqué
Vue du radar de nez FuG 220 monté sur un Me 110 conservé au musée d'Hendon (GB). Ce remarquable document présente en outre tous les équipements dont il est question dans le texte ci-contre.
Les radars embarqués allemands Lichtenstein furent utilisés dans quatre versions/configurations différentes, extérieurement identifiables aux combinaisons de modèles d'antennes utilisées : FuG (Funk-Gerät) 202 Lichtenstein B/C, FuG 212 Lichtenstein C-1, FuG 220 Lichtenstein SN-2 et FuG 228 Lichtenstein SN-3. Les alliés étant peu à peu arrivés à plus ou moins neutraliser ces systèmes grâce à la capture d'avions intacts, des développements ultérieurs permirent la mise en service en petit nombre de modèles plus performants : le FuG 228 Lichtenstein SN-3 et le FuG 240 Berlin, ce dernier extrapolé de radars alliés capturés. Le système de contre-mesures allié Windows (brouillage par largage d'essaims de bandes d'aluminium) resta toujours un lourd handicap pour la chasse de nuit allemande et même pour les radars au sol.
Un système d'arme Schrägemuziek testé sur un F-80 Shooting Star de l'USAF dans l'immédiat après-guerre
Armements spéciaux
  • Gondoles d'armement ventrales
  • Schräge Musik (litt. Musique syncopéenote 15) : système d'arme conçu pour les chasseurs lourds bi-moteurs.
Équipements spéciaux
  • Outre ceux mentionnés plus haut, les chasseurs allemands furent également équipés d'un carénage spécial des pipes de tuyaux d'échappement, non pas pour réduire la signature thermique (la détection infra-rouge n'en était encore alors qu'à ses balbutiements) mais pour éviter que les suies des fumées n'encrassent les vitres de verrière et que les flammèches n'éblouissent les membres d'équipage et ne trahissent le chasseur aux yeux de ses proies potentielles.
  • Les dites verrières étaient également protégées par des épaisseurs de verre blindé rapportées, notamment au niveau de pare-brise. Les sièges recevaient également un blindage renforcé.

modifier Articles connexes

modifier Bibliographie



modifier Glossaire

modifier Notes et références

  1. Die Einzätse der Nachtschlachtgruppen 1,2 und 20 an der Westfront von September 1944 bis Mai 1945, Christian Möller Éd. Hélios
  2. (en) Histoire de ce mystérieux avion
  3. Biographie
  4. Basée en France cette première unité du genre devait dans un premier temps essentiellement protéger les aérodromes d'où partaient les bombardiers à destination de l'Angleterre de raids britanniques de riposte et les installations de l'opération Seelöwe, qui ne se concrétisa jamais
  5. Streib deviendra le patron du NJG1 le 7 octobre et son Kommodore le 01.07.1943. Streib s'écrasera le 05.10.1944 à bord de son Junckers Ju 88 C6 et mourra deux jours plus tard des suites de ses blessures
  6. 13 août 1942 : Stirling serial ???? à 2km au sud de Rotterdam selon cette source ou le serial BF329 tombé à 01h 15 à 2km au sud-est de Romedenne (Namur), 11 km est-sud-est de Philippville selon cette source
    • 24/25 août 1942 : Stirling serial W7616 tombé à Berzee, 14km au nord-ouest de Philippeville (appareil endommagé par la Flak ) selon cette source
    • 28 août 1942 à 23h 00 : Wellington serial DF665 tombé à Petit-Doische (Namur - B) à 2km nord-ouest de Givet (F) source
    • 3 septembre 1942 à 01h 46 : Halifax serial DT487 tombé à Lesves, 11km au sud-ouest de Namur source et photos
    • 3 septembre 1942 à 02h 15 : Lancaster Mk.I Serial R5763 tombé à 12km au sud-est de Huy (B)source
    • 23 septembre 1942 à 02h 10 : Wellington Mk.III serial X3711 tombé à Warnant, 9km nord-nord-ouest de Dinant source
  7. le nombre de victoires revendiquées par la chasse allemande, tant au niveau des unités que des pilotes, a toujours été surprenant et dès lors sujet à caution ( c'est notamment le cas pour l'as Erich Hartmann), certains appareils endommagés étant comptés pour abattus et des cibles descendues en coopération étant ensuite revendiquées (et enregistrées) par chacun des pilotes concernés
  8. la NJG4 à Dijon
  9. (en)Extrait du journal de l'unité
  10. Biographie
  11. biographie de Hans-Joachim Jabs, pilote à la chasse de nuit (31 victoires)
  12. cette appellation est sujette à caution : le nom de Uhu avait déjà officiellement été attribué par le RLM à l'appareil de reconnaissance Focke-Wulf Fw 189 cfr. Le Fana de l'Aviation n°477S Éditions Larivière Août 2009
  13. Le He 219 Uhu au combat
  14. tout cet éclairage doit en fait concilier deux contraires : ne pas être vu par l'ennemi tout en étant identifiable par l'ami et ne pas éblouir les membres d'équipage ( phénomène de persistance de l'impression lumineuse qui peut aveugler ou provoquer la désorientation spatiale )
  15. certaines sources reprises dans la biblio de référence donnent musique syncopée par référence au Jazz et à la position inclinée de l'armement
  1. (en)History of the Nachtjagd
  2. Axis Aerial Orders of Battle
  3. Organigramme complet en allemand ( avec officiers commandant ) descendant jusqu'au niveau des Gruppen
  4. Do 335 de Chasse de nuit



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